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l'ÉPICERIE DES NOMADES

La situation en Bosnie-Herzégovine

Quelle situation en Bosnie-Herzégovine, ce pays qui nous a tant touché...

Qu'en est-il vraiment ?

Nous avons passé seulement quelques mois en Bosnie-Herzégovine, nous ne pouvons que timidement te partager notre expérience. Mais nous avons pu déjà percevoir cette triste réalité qui nous a profondément touchée… Nous avons entendu tellement de choses sur ce petit pays que nous souhaitions voir de nos propres yeux la situation en Bosnie-Herzégovine.

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Avant tout, revenons quelques années en arrière… 

Après la victoire des Alliés en 1945, la Yougoslavie fut créée. Elle comprenait six républiques : la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Macédoine. La croissance économique était à son maximum jusqu’à la mort du général Tito en 1980 où le gouvernement s’est retrouvé affaibli. 

D’ores et déjà, des tensions étaient existantes dans la région du Kosovo située en Serbie, majoritairement habitée par des Albanais du Kosovo. Slobodan Milosevic, président de la république de Serbie, exposait ses idées nationalistes et était alors perçu comme un grand danger. Chaque république, dont la Croatie et la Slovénie, demandait une plus grande démocratisation dans le pays Yougoslave avec une décentralisation du pouvoir, ce qui leur a été refusé. En juin 1991, la Croatie et la Slovénie proclament leur indépendance par un référendum d’autodétermination où des conflits armés éclatent. Ils sont suivis par la Macédoine, l’armée fédérale Yougoslave se retire.

Le souhait d’indépendance de la Bosnie-Herzégovine. 

Ce petit pays où vivent des Bosniaques musulmans, des Croates catholiques et des Serbes orthodoxes, ne souhaite pas participer à ces conflits. À son tour, elle proclame son indépendance en octobre 1991 alors que des discussions entre les représentants Croates et Serbes envisageaient déjà la division de la Bosnie-Herzégovine en trois territoires

Son indépendance devait être validée par l’organisation d’un référendum, ce qui a été fait fin février 1992, auquel 62% de la population a participé. Boycotté par les Serbes de Bosnie, l’indépendance est votée à 99,7% des voix. Le 6 avril 1992, la Commission Européenne reconnaît donc la Bosnie-Herzégovine comme un pays indépendant, suivi par les États-Unis.

Le jour même, la République Serbe de Bosnie proclame être, elle-aussi, indépendante et assiège Sarajevo. Elle n’a jamais été reconnue et a été classée comme inconstitutionnelle. C’était le début de la guerre.

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La guerre de 1992 à 1995

Ce qui devait être une guerre de territoires s’est transformée en une guerre raciste, selon le principe d’une purification ethnique. Des crimes, massacres, viols, déplacements forcés de la population ont été commis par chaque partie. Le premier bombardement a frappé Sarajevo ce même 6 avril 1992. L’armée Serbe de Bosnie, dirigée par l’Armée Fédérale de Yougoslavie, s’empare des villes une à une dont Srebrenica où le terme de purification ethnique prend tout son sens. 

Srebrenica était une zone protégée par les casques bleus de l’ONU où des milliers de personnes s’étaient réfugiées. Les forces serbes commettent un massacre de 8000 bosniaques. Ils détruisent des villages entiers, les mosquées et les églises catholiques. Mais ils détournent aussi des convois de la Croix-Rouge et d’autres organisations internationales.

Au total, plus de 100 000 personnes ont été tuées dont 38 645 civils. 64 995 Bosniaques, 30 100 Serbes et 7 338 Croates.

La guerre se termine grâce aux accords de Dayton signés en décembre 1995 à Paris où les représentants de la Croatie, de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine se rassemblent. La Bosnie-Herzégovine est alors divisée en deux parties distinctes : la fédération de Bosnie-Herzégovine (croato-bosniaque) à 51% et la République Serbe de Bosnie (orthodoxe) à 49%. 

Qu'en est-il aujourd'hui, en 2021 ?

 

Des souvenirs douloureux

Lorsque nous avons visité la Bosnie-Herzégovine, nous ne connaissions que trop peu son histoire. Nous nous sommes informés, longuement. Reportages, lectures et films. Mais le plus bel enseignement vient des personnes touchées elles-mêmes. Ces personnes que nous avons rencontrées sur la route le temps de quelques heures pour certains et quelques semaines pour d’autres. 

La répartition de la Bosnie-Herzégovine est toujours la même aujourd’hui. 25 ans plus tard, nous avons pu ressentir encore ces tensions qui régnaient. Nous avons eu la “chance” de pouvoir échanger avec chacune des 3 parties : des Croates, des Bosniaques et des Serbes. Chacun avait vécu la guerre de manière différente mais tous reviennent sur ces douloureux souvenirs sans que nous posions de questions… 

L’une nous expliquait la mort tragique de son frère d’une balle dans la tête, un autre l’émigration de ses parents puis la sienne ainsi que son retour difficile au pays où il n’est plus le bienvenu, ou encore une famille qui nous expliquait son retour à Srebrenica pour reconstruire le village… 

Il nous importait peu de savoir qui avait raison ou qui avait tort, qui avait fait plus de mal ou qui était innocent. Tous étaient dans la même situation, un pays effondré économiquement où il est difficile d’y rester vivre.

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Une situation politique et économique fragile

Nous avons surtout constaté cette fragilité en discutant avec la jeunesse qui désespère de voir une politique si instable et corrompue. Beaucoup d’entre eux partent parce que les diplômes ne valent pas grand chose, parce que les jobs ne sont pas assez bien rémunérés ou tout simplement parce qu’ils ne trouvent pas. Le taux de chômage était de 15,7% en 2019 et 19% en 2020. 

D’autres restent, espérant un jour une vie meilleure et pourquoi pas l’intégration dans l’Union Européenne pour bénéficier de droits et lois solides. L’espoir d’une belle situation en Bosnie-Herzégovine est toujours présent.

La crainte d’une nouvelle guerre

Une loi a été instaurée, au mois de juillet, punissant le négationnisme du massacre de Srebenica. C’est-à-dire que les personnes qui « approuvent publiquement, nient, minimisent grossièrement ou tentent de justifier le crime de génocide, le crime contre l’humanité et le crime de guerre »  peuvent craindre de six mois à cinq ans de prison.

Cette nouvelle n’a pas plu au représentant actuel de la République Serbe de Bosnie qui estime que celle ci culpabilise le peuple Serbe. Depuis, il ne cesse de montrer son mécontentement. Le risque d’éclatement est fort et la population prend peur malgré que l’ONU vient tout juste de confirmer que les armées internationales resteraient sur le territoire.

Une famille que nous avons rencontré nous a indiqué être dans l’espoir que l’Europe et les États-Unis leurs viennent en aide pour gérer cela calmement. Nous espérons de tout coeur que les tensions s’apaiseront et que les habitants de cette magnifique Bosnie-Herzégovine puissent vivre réellement en paix.

Finalement, nous avons pu constater que la situation en Bosnie-Herzégovine était encore très fragile. Nous sommes aussi intimement persuadé que les Bosniens ne sont pas seulement des témoins de la guerre. Ils sont avant tout, des êtres humains qui tentent de se relever, qui veulent travailler et développer leur pays comme il se doit pour l’honorer. C’est pour cette raison que nous avons jugé utile de s’y rendre pour rencontrer les artisans et producteurs locaux dans le cadre de l’Épicerie des Nomades où le commerce équitable peut être un réel levier de développement. 

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